Vie privée et surveillance
Un robot humanoïde voit, entend et parfois transmet. Voici ce qui est documenté, ce qui ne l'est pas, et les questions à poser avant d'en accueillir un chez soi.
Quelles données sont collectées
Ce qu'un robot humanoïde perçoit et enregistre par nature de son fonctionnement.
Quelles données un robot humanoïde collecte-t-il ?
Selon le modèle : flux vidéo continu de ses caméras (nécessaire à la navigation et à la manipulation d'objets), données de capteurs (position, mouvement, batterie), et pour certains modèles, de l'audio via un micro embarqué. Le 1X NEO, pensé pour le foyer, intègre en plus un assistant vocal et une « mémoire conversationnelle ».
Ces données sont-elles envoyées à distance ?
Dans au moins un cas documenté, oui, sans que ce soit toujours explicite pour l'utilisateur : les chercheurs à l'origine de la découverte de la faille « UniPwn » (voir notre chronologie des incidents) ont constaté que l'Unitree G1 envoie des données de télémétrie — dont des données de caméra — vers des serveurs distants toutes les cinq minutes.
Le robot m'écoute-t-il en permanence ?
Non documenté publiquement pour la plupart des modèles. Un robot avec assistant vocal (comme le 1X NEO) doit techniquement traiter l'audio ambiant au moins pour détecter un mot d'activation, mais aucun fabricant de ce comparatif ne publie de politique claire sur l'enregistrement et la conservation de ces données.
Puis-je désactiver les caméras ou le micro ?
Nous n'avons trouvé aucune documentation publique confirmant l'existence d'un tel contrôle utilisateur sur les modèles de ce comparatif. C'est une question légitime à poser directement au fabricant avant tout achat.
Qui y a accès
Du mode de téléopération assumé par 1X aux failles de sécurité déjà exploitées sur le terrain.
Qui peut voir ce que voit le robot ?
Le cas le plus documenté est celui du 1X NEO : en « mode expert », lorsque le robot ne parvient pas à réaliser une tâche seul, un opérateur humain employé par 1X peut prendre le contrôle à distance via un casque de réalité virtuelle et voir littéralement par les caméras du robot — potentiellement à l'intérieur du domicile du client. 1X présente cette fonctionnalité comme un choix assumé, pas comme un incident.
Suis-je informé quand un opérateur humain prend le relais ?
1X ne publie pas de détail sur une éventuelle notification en temps réel à l'utilisateur au moment précis de la prise de contrôle. C'est un point que nous jugeons insuffisamment documenté pour trancher.
Un pirate informatique peut-il accéder aux caméras ?
C'est un risque réel et déjà démontré : la faille « UniPwn » (septembre 2025) permettait un accès root à distance sur les Unitree G1 et H1 via Bluetooth, à cause d'une clé de chiffrement identique sur tous les appareils. Voir notre observatoire sécurité pour le détail complet.
Des tiers (partenaires, publicité) ont-ils accès aux données ?
Non documenté publiquement pour aucun des modèles de ce comparatif. En l'absence de politique de confidentialité détaillée et spécifique publiée par les fabricants, nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer ce point.
Quel cadre légal
Ce que dit le droit existant — et ce qu'il ne couvre pas encore spécifiquement.
Le RGPD s'applique-t-il à un robot humanoïde ?
En principe oui, dès lors qu'un robot traite des données identifiant une personne (image, voix) pour un fabricant ou opérateur visant le marché européen : le RGPD impose une base légale, une finalité précise et une minimisation des données collectées. Il n'existe en revanche pas de réglementation européenne spécifique aux robots humanoïdes à la date de rédaction — ils sont couverts par le droit général de la protection des données, pas par un texte dédié. Ceci est une information générale, pas un conseil juridique.
Existe-t-il une norme de sécurité spécifique aux robots domestiques ?
Pas de norme contraignante spécifique identifiée à la date de rédaction. Le secteur reste largement auto-régulé sur les questions de vie privée, chaque fabricant fixant ses propres pratiques sans cadre commun obligatoire.
Que faire avant d'acheter un robot pour la maison ?
Demander explicitement au fabricant : où sont stockées les données, qui peut y accéder, si un mode de téléopération existe et comment il est signalé, et quelle est la politique de conservation. Un fabricant qui ne peut pas répondre clairement à ces questions ne mérite pas votre confiance par défaut.
Voir aussi
Notre observatoire sécurité détaille les incidents documentés, faille informatique comprise.
Observatoire sécurité →